|
Mardi 5 avril 2005
Pour la première fois, LE RACISME
EST UN CRIME AU GUATEMALA !

Le premier résultat d'un procès
historique
Le tribunal a condamné les cinq agresseurs de Rigoberta
Menchú Tum, prix Nobel de la Paix 1992, à trois
ans et deux mois de prison pour discrimination raciale !
Article du journal Prensa
Libre du 05/04/05,
Le verdict de la 10eme chambre du Tribunal reconnaît que
Rigoberta Menchú Tum a été agressée
en tant qu'Indienne, et a condamné Juan Carlos Ríos
Ramírez (petit fils du dirigeant du FRG, Efraín
Ríos Montt), Ana Cristina López Kestler (députée
FRG au Parlement de l'Amérique Centrale) et les militants
du FRG Elvia Domitila Morales de López, Vilma Orellana
Ruano y Enma Concepción Samayoa de Rosales, pour les délits
de racisme et désordre public.
La condamnation s'élève à deux ans et huit
mois de prison pour le délit de racisme, à raison
de 75 Quetzals par jour, et à six mois pour désordre
public, pour la même somme. Cela signifie qu'ils devront
payer environ 86 000 Quetzals chacun pour éviter la prison.
Le tribunal, composé des juges Leonel Meza, Carol Patricia
Flores y Eduardo Enrique Maldonado, a aussi condamné les
membres du FRG à 5 000 Quetzals d'amende.
Alors que la juge, Mme Flores, lisait la sentence, les accusés
s'impatientaient sur leurs bancs, notamment lorsqu'elle précisa
que les délits de discrimination et de trouble à
l'ordre public avaient été démontrés
par les rapports de docteurs en linguistique et les déclarations
des témoins.
L'habit traditionnel indien enfin respecté
Une partie de la décision s'appuie sur le texte des accords
de paix qui stipule que le costume traditionnel indien doit être
respecté, et que le droit de le porter doit être
garanti.
Les juges sont arrivés à la conclusion que Rigoberta
Menchú (qui fut insultée le 9 octobre 2003, alors
que se terminait une audience de la Cours Constitutionnelle, qui
devait prendre une décision quant à l'inscription
de Ríos Montt comme candidat à la présidentielle)
a été offensée en référence
de sa condition de femme indienne et que les accusés ont
commis le délit de trouble à l'ordre public à
l'encontre de l'administration publique.
En ce qui concerne les délits de contrainte et de menace
à sa personne, les accusés ont été
disculpés, puisque, selon les critères du tribunal,
le Procureur de la république n'a pas pu en fournir la
preuve.
Les juges n'ont pas reçu non plus la demande d'indemnisation
de 753 000 Quetzals pour stress post-traumatique de Mme Menchu,
étant donné que les justificatifs correspondant
à de telles dépenses n'ont pas pu être fournis.
Le procès terminé, les amis de la prix Nobel se
sont approchés pour la féliciter, elle a quitté
la salle sous les applaudissements.
L'affaire Rigoberta Menchu
: un cas sans précédent
Rigoberta Menchú affirme être satisfaite d'une sentence,
qui n'aurait jamais pu exister quelques années en arrière.
" Nous vivons aujourd'hui un moment important, il nous est
possible de montrer à nos jeunes que personne de doit être
discriminé, il s'agit là d'une avancée sans
précédent. " opina-t-elle.
Le procureur de la république est satisfait
Alba Gudiel, responsable du dossier, indiqua que pour l'instant
il est satisfait de l'issue de l'affaire. " Nous n'allons
pas faire appel. Nous estimons que l'accusation de racisme et
de trouble à l'ordre public a été prouvée
".
La défense, elle, fera appel
L'avocat de la défense des membres du FRG, Francisco García,
promit qu'il allait faire appel de la sentence. " Nous prenons
acte du jugement, étant donné que le tribunal a
agit au regard de la loi (
) Cependant, nous ferons appel
pour obtenir l'acquittement dès que la sentence nous aura
été notifiée " précisa-t-il.
Délits et peines
Pour éviter la prison les condamnés -aujourd'hui
en liberté sous caution- devront payer chacun: 86 687,
50 Quetzals. Ils devront, de plus, payer une amende de 3000 Quetzals
concernant le premier délit et de 2000 Concernant le second,
ce qui fait un total de 5000 Quetzals.
Ils ont par ailleurs été condamnés à
payer les frais du procès, c'est-à-dire les dépenses
assumées par l'Etat pour le jugement du cas.
Tant que l'affaire ne passe pas à nouveau devant le tribunal,
les condamnés restent dans la même position juridique,
c'est-à-dire libres sous caution.
|