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REVUE DE PRESSE - ELECTION NOVEMBRE 2003


Le Club Quetzal est soulagé: Rios Mont ne sera pas président !

« Les Guatémaltèques ont vaincu la peur dans laquelle les forces de l'ombre voulaient les maintenir. Par leur participation massive, ils ont montré leur volonté d'enterrer le passé, sans pour autant l'oublier », a commenté Rigoberta Menchu, porte-parole des communautés mayas et Prix Nobel de la paix en 1992.



Déroute pour l'ancien dictateur Rioss Mont, victoire de la démocratie.

Cette défaite est la démonstration du refus des Guatémaltèques de laisser le parti en place lié au crime organisé, au narcotrafic et à l'armée gouverner.

Le Club Quetzal est soulagé par rapport au déroulement des élections présidentielles, législatives et municipales de ce dimanche 9 novembre. Les Guatémaltèques se sont rendus très nombreux aux urnes, 70% de participation, et ont rejeté en masse le camps de Rioss Montt, ancien dictateur des années 80 et responsable des pires massacres.
Cette participation record est le résultat des campagnes de la société civile et des ONG sur l'importance du vote. Le travail des activistes des droits de l'Homme avec à sa tête des femmes leaders comme Rigoberta Menchu et Helen Mack est aujourd'hui récompensé.
La défaite de Rioss Montt est un signe très encourageant pour la démocratie guatémaltèque.

Cependant il faut rappelé que la campagne électorale a été très violente : 25 militants assassinés et de très nombreux actes d'intimidations et de menaces de morts envers les défenseurs des droits de l'Homme ont fait replongé ce pays dans le passé sombre du pays.

Les Guatémaltèques sont amenés à voter le 28 décembre 2003 pour le 2ème tour. Ils auront à choisir entre Oscar Berger de l'alliance GANA ( droite ), et Alvaro Colom de l'UNE ( centre droit ).

Cette victoire de la démocratie ouvre le chemin aux respects des accords de paix de 1996 qui ont mis fin à 36 ans de guerre mais qui pendant ces quatre dernières années n'ont été que théoriques. Le travail reste encore très grand.


Guatemala : l'ex-caudillo Rios Montt ne sera pas président
ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 11.11.03

GUATEMALA. L'ancien dictateur Efrain Rios Montt a été éliminé de la course à la présidence, selon les premiers résultats publiés dans la nuit du dimanche 9 au lundi 10 novembre. Le deuxième tour, prévu pour le 28 décembre, va se jouer entre Oscar Berger, le candidat de droite issu de l'oligarchie, arrivé en tête, et Alvaro Colom, un chef d'entreprise de centre droit, selon un sondage réalisé par le quotidien El Periodico, à la sortie des bureaux de vote. Les premiers chiffres officiels confirmaient cette tendance.

Arrivé en troisième position, M. Rios Montt, actuel président du Congrès, perdra son immunité parlementaire et pourrait être traduit devant les tribunaux pour génocide, si sa défaite électorale est confirmée.


Le come-back du caudillo guatémaltèqueL'ex-dictateur Rios Montt, coupable de génocide, est candidat dimanche à la présidentielle.

Par Aline LECLERCsamedi 08 novembre 2003 Libération


Ciudad Guatemala, Escuintla, envoyée spécialene petite main bleue avec trois doigts levés. Le symbole du Front républicain guatémaltèque (FRG) s'affiche sur casquettes et tee-shirts devant le parc d'Escuintla, une des grandes villes du pays. Quelques milliers de personnes attendent la venue de l'ex-général Efrain Rios Montt pour un de ses derniers meetings de campagne, avant la présidentielle de dimanche. Un candidat inattendu. En 1982, le militaire a pris le pouvoir par un coup d'Etat avant d'être lui-même renversé un an et demi plus tard. Pour les massacres commis durant cette période, le rapport de la Commission vérité l'a reconnu coupable de génocide. "Si, se puede !" Depuis 1985, un article de la Constitution interdit la candidature à la présidence de quiconque s'est emparé du pouvoir d'une manière non-démocratique. Celle de l'ex-général a ainsi été rejetée deux fois dans les années 1990. En 1999, c'est avec la candidature d'Alfonso Portillo que le FRG a remporté les élections. Rios Montt est devenu président du Parlement. Cet été, la Cour constitutionnelle a finalement décidé d'autoriser sa participation au scrutin présidentiel. Une gifle pour les associations de victimes et les militants des droits de l'homme.La foule présente ce matin à Escuintla, elle, est enthousiaste. Sous les encouragements d'un "Si, se puede !" (Oui, c'est possible !), l'ex-général entre en scène : "La plupart d'entre vous n'étaient pas nés, mais, il y a plusieurs années, j'étais à la même place en train de faire un meeting. Et déjà à l'époque, l'oligarchie n'avait pas respecté la volonté du peuple... Mais selon la loi, dans la démocratie, c'est le peuple qui commande ! Qui paye le salaire du maire ? Le peuple ! Du député ? Le peuple ! Du président ? Le peuple !" La foule reprend en choeur. L'orateur connaît les ficelles et le faible niveau de vie de son auditoire selon la Banque mondiale, 56% des 11 millions de Guatémaltèques vivent avec moins de 2 dollars par jour. Il dénonce les patrons qui se mettent l'argent "du peuple" dans la poche et attaque, sans le citer, le parti ultralibéral Gana (Grande alliance nationale), dont le candidat Oscar Berger est favori dans les sondages."Rios Montt est le type même de ce qu'on appelle un caudillo en Amérique latine. Un militaire charismatique qui tient devant la classe paysanne un discours en faveur des pauvres contre les riches", explique José Davila, directeur de l'Institut centraméricain d'études politiques. Une manière de capter un vote populaire qui pourrait se reporter sur les partis de gauche, s'ils n'étaient pas aussi faibles et divisés : Rodrigo Asturias, le candidat des anciens guérilleros de l'URNG (Union révolutionnaire nationale guatémaltèque), est crédité de moins de 2 %. L'ancienne figure de la gauche, Alvaro Colom, est le candidat d'un parti nouveau, l'UNE (Union nationale de l'espoir), qui se veut de centre gauche mais milite notamment pour le maintien de la peine de mort. Sans ligne idéologique claire, Colom apparaît en seconde position dans les sondages, derrière Oscar Berger. Rios Montt arrive troisième avec près de 14 % des voix. Mais les sondeurs soupçonnent que l'ex-général pourrait tout de même se propulser au second tour.D'autant que le gouvernement FRG a su, récemment, raviver l'un de ses principaux viviers d'électeurs : les PAC, anciens des Patrouilles d'autodéfense civile qui, pendant le conflit, ont prêté main-forte à l'armée. Ils seraient près d'un million. Il y a un an, le président Portillo a décidé de leur offrir une compensation financière. Risques de fraude. Mardoqueo, 53 ans est venu acclamer le général : "J'ai "patrouillé" de 1981 à 1986. On marchait avec nos machettes dans les villages jusqu'à 3 heures du matin. Alors maintenant, on veut qu'ils nous paient ce qu'ils nous ont promis." Seule une partie des ex-PAC a reçu les versements. Les autres profitent de la période électorale pour faire pression. Il y a cinq jours, certains d'entre eux ont lancé un ultimatum au gouvernement, menaçant d'empêcher la tenue du scrutin s'ils n'étaient pas payés. Une situation qui inquiète Iannis Sakellariou, porte-parole de la mission de l'Union européenne : "La violence peut détruire tout le processus électoral !" Dimanche, 110 observateurs européens circuleront à travers tout le pays pour contrôler le bon déroulement du vote. L'Organisation des Etats américains (OEA), la mission des Nations Unies (Minugua), l'observatoire électoral national et les partis politiques eux-mêmes enverront aussi des équipes dans les 22 départements.Près du lac Atitlan, à une centaine de kilomètres de Ciudad Guatemala, Leocadio Juracan, militant dans une association de paysans, reste préoccupé par les risques de fraude. "En milieu rural, il y a moins de contrôle. Il y a plus de 5 000 bureaux de vote, il n'y aura jamais assez d'observateurs étrangers !" La fraude peut également se faire loin des urnes. Marina Morales appartient à une association de femmes indiennes à San Lucas Toliman. Elle raconte une autre réalité de la campagne électorale. "Nombre de partis proposent des cadeaux, de l'argent, pour que l'on vote pour eux. Ici le FRG promet jusqu'à 1 500 quetzals (160 euros) pour prendre la carte."Sous tension. La pression des ex-PAC, l'augmentation de la délinquance et les démonstrations de force des partisans de Rios Montt maintiennent le pays sous tension. Cette semaine encore, un bureau de l'UNE a été mitraillé en plein jour dans la capitale guatémaltèque. "Les menaces et la violence font régner une inquiétude terrible en cette fin de campagne, regrette Tom Koenigs, chef de la Minugua. Et le gouvernement ne paraît avoir ni la volonté ni la capacité de s'y confronter. L'impunité dure ici depuis plus de trente ans ! Nous espérons que le processus sera à peu près normal et acceptable, pour que l'on ne puisse pas mettre en doute le résultat des élections."


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