Club Quetzal
38 avenue du docteur Labrit
40 000 Mont de Marsan
06 03 16 78 20

clubquetzal@gmail.com

 

 

 

 

Dossier de presse 10 ans de Quetzal
 
 

 

ARTICLE JOURNAL SUD OUEST 10 avril 2008

CLUB QUETZAL. --L'association créée par de jeunes adolescents montois se bat pour les jeunes Guatémaltèques depuis dix ans. Un anniversaire qui se fête

Dix ans de combat

Aude Ferbos

A une époque passée maître dans l'art du zapping, l'association Quetzal apparaît plus que jamais comme un Ovni culturel. Et humain. Qui aujourd'hui fête ses dix ans d'existence et de combat, en invitant - excusez du peu - un Prix Nobel de la Paix au rendez-vous.

" Faire quelque chose. " Dix ans. C'est l'âge de Vincent Simon, le fondateur du club, lorsqu'il découvre le Salvador, ses violences et l'injuste sort réservé aux Indiens. " Un électrochoc ". Et puis le jeune Montois décide " que ce qu'il a vu n'est pas la fatalité, et qu'on peut faire quelque chose ". Aux côtés de l'Unicef, le club Quetzal composé d'adolescents de 13 ans voit le jour en novembre 1997 au collège Jean-Rostand, avant de voler de ses propres ailes en 2000. Objectif : tendre une main vers le Guatémala, encourager la scolarisation des enfants mayas, lutter contre leur malnutrition, promouvoir le commerce équitable et défendre la culture de paix.

Rigoberta Menchu. En dix ans, non seulement, les jeunes adhérents n'ont pas lâché la main mais en plus ils ont allongé le bras. À l'image de Vincent Simon, qui au lendemain de son bac, prend le premier avion pour le Guatemala où il s'immerge pendant un an " pour mieux comprendre la situation ". Mais avant de boucler ses valises et de revenir à ses études de droit en France, Vincent Simon voulait s'assurer quelques soutiens locaux. Son rêve ? Une entrevenue avec Rigoberta Menchu... Et non seulement, le jeune homme rencontre le Prix Nobel de la Paix 1992, mais en plus elle devient leur représentant institutionnel tandis que l'association montoise s'engage à diffuser le message de paix porté par le prix Nobel.

 

Philosophie et bons sentiments. Aujourd'hui, pour leurs dix ans les " anciens " de l'association veulent se tourner vers les " nouveaux " jeunes. " Pour leur montrer qu'on peut s'engager de façon concrète ". La preuve avec le vice-président, François-Xavier S?ur, lycéen à Duruy. " Quand on commence une action humanitaire, on ne le fait pas pour son plaisir. Le problème, c'est de savoir qu'avec de très bons sentiments, on crée beaucoup d'espoir mais on n'a pas de baguette magique, alors on se doit d'aller jusqu'au bout. C'est du moins la philosophie de Quetzal. " Et puis c'est l'occasion de dire " merci ", à ceux qui les suivent dans ce voyage de la générosité. Autour d'une fête, avec de la musique, des films, des découvertes pas seulement culturelles. Et au bout, une question, " pourquoi pas vous ? "

 

 

 


 

 

 

 

Quetzal, le combat d'un enfant pressé.
 
 

Par Amandine Atalaya

Vincent Simon exulte. La plainte de son amie Rigoberta Menchu Tum vient d'aboutir. Pour la première fois, un tribunal guatémaltèque a condamné la discrimination ethnique comme un délit. " Va vendre des tomates au terminal de bus ", " Sale Indienne ". A la sortie d'une audience de la cour constitutionnelle du Guatemala, il y a deux ans, les insultes avaient fusé contre la pasionaria de la défense des droits des peuples indigènes, prix Nobel de la Paix 1992. Vincent veut croire que le verdict fera jurisprudence. Ce serait la preuve que les mentalités sont en passe d'évoluer. Que la culture maya est en voie d'être reconnue. Bref, que son travail avec la Fondation Rigoberta Menchu Tum n'est pas vain.

Car voilà désormais 10 ans que ce Français originaire de Mont-de-Marsan, dans les Landes (40), se bat avec son ONG, le Club Quetzal. Pourtant, lui-même n'a que 23 ans. Son histoire commence il y a douze ans. L'été 1994, les gamins de 10 ans se passionnent pour les exploits des équipes d'Amérique Latine à la Coupe du monde de football. Tous sauf un. Non pas que ce continent indiffère Vincent, bien au contraire. Il revient d'ailleurs à peine d'un long voyage au Salvador, en compagnie de son père. Mais, pour l'heure, il a trop à faire et à comprendre. Car un souvenir l'obsède. Celui des populations indigènes misérables du Salvador, un pays dévasté par une décennie entière de guerre civile. Vincent ne s'est pas remis du contraste entre le cérémonial fastueux du quotidien de son hôte, une patiente de son père médecin, et l'extrême dénuement de ces dizaines de milliers d'Indiens que compte le pays. Certes, il les a croisés brièvement. Trois semaines sur place à peine. Mais leur situation l'a bouleversé.

En 1996, c'est décidé. Il adhère à l'Unicef. La création d'une ONG suivra, il en est persuadé. " Nous avons vu arriver ce petit bonhomme de douze ans, très sûr de lui, dans notre assemblée de vieilles dames ", se rappelle Hélène Poli, la responsable du Comité départemental de l'Unicef à Mont-de-Marsan. " Sa détermination était incroyable. Il voulait à tout prix s'engager dans l'humanitaire pour aider les peuples et les enfants indiens. C'était son mot d'ordre. S'investir ". De l'avis général, ce garçon dont l'amie imaginaire n'est autre que Rigoberta Menchú Tum, est un sacré numéro.

Candide pour certains, obstiné pour d'autres, Vincent est à coup sûr un drôle d'énergumène. Du bagout, de l'aisance et un toupet qui frise parfois le comique. La gêne ? Il ne connaît pas. Le doute alors ? Encore moins. " Mais attention. Il n'est jamais pédant ou m'as-tu vu ", tempère Hélène Poli. A l'Unicef, Vincent est choyé par ses grands-mères d'adoption, qui le bringuebalent de réunion en réunion dans toute la France. Le petit est entre de bonnes mains. Il lui reste à trouver où et comment s'engager.

Une amie de son père, résidant au Guatemala lui parle d'un pueblo indien guatémaltèque, Santa Catarina Palopo. Un village maya de 4000 habitants, perché sur les rives du lac Atitlan, où la plupart des enfants n'ont pas accès à l'éducation. Leurs parents, souvent artisans ou agriculteurs, sont trop pauvres pour payer les frais d'inscription. Quant au collège, pas un n'y songe. Trop loin, beaucoup trop loin du village.

Presque une décennie plus tard, Santa Catarina Palopo a changé. Ses habitants sont fiers. Le village vient d'être cité comme un pueblo " modèle " pour ses efforts en faveur de la jeunesse par le quotidien national Prensa Libre. Une bibliothèque, une salle d'informatique, une coopérative de tissage et un collège. 664 enfants scolarisés, contre 240 en 1997. Et surtout, une première institutrice, un premier boulanger et un premier informaticien.

Le Club Quetzal et ses donateurs n'ont pas chômé. Cette ONG, Vincent l'a créée de toutes pièces en classe de quatrième pour aider l'école du village. Sur ces hautes terres du Guatemala, très peu d'Indiens maîtrisent l'espagnol, la langue officielle d'un pays qui compte 23 dialectes indigènes. Tout au mieux ont-ils mémorisé quelques mots. Ou les formules de politesse. Mais guère plus Or, Vincent l'a constaté, " les enfants ont besoin de trois ans seulement pour apprendre l'espagnol à l'école. C'est un immense gâchis ". Mais l'éducation et l'alphabétisation des Indiens ne font pas partie des priorités du gouvernement, une scolarisation accrue pouvant entraîner une prise de conscience de leur statut d'opprimés. A ce propos, Vincent est d'ailleurs " en pleine révolution ". " Un temps, j'ai cru qu'en cas de déficience, il revenait à l'humanitaire d'assumer cette tâche. Je commence à être convaincu que l'Etat doit prendre ses responsabilités. L'humanitaire doit accompagner, et non se substituer ".

Son année au Guatemala, en 2002, a transformé Vincent. Dans les villages et les bidonvilles, il a rencontré les Indiens. Au sein du lycée français, il a côtoyé l'autre monde, les Ladinos, métis et descendants d'Espagnols, qui possèdent l'immense majorité des terres, des richesses et des pouvoirs. Deux peuples, deux cultures. Et des discriminations à n'en plus finir. Voilà des siècles que le Guatemala traîne ce boulet, aussi pesant qu'indéfectible. Celui de l'héritage colonial. " Au-delà de l'agressivité et des insultes, le racisme diffus est très fort. Lorsque une femme maya âgée entre dans un bus, personne ne lui laisse sa place. En revanche, on se moque de son huipil, l'habit traditionnel indien ", commente-t-il. " Au lycée français, la haute société guatémaltèque m'a édifié. Mais c'est leur éducation. Ils ne s'en cachent pas ". Vincent a découvert un pays gangrené par une corruption omniprésente et un immobilisme par moments désarmant. Rien n'a pourtant altéré sa détermination et son envie d'aider les Indiens du Guatemala. Lorsque l'on demande à l'actuel étudiant en droit entre Madrid et Paris si le découragement le gagne parfois, il dit " croire au droit, à l'humanitaire et à la politique ". Vincent excelle pour trouver des raisons d'espérer. Le verdict du tribunal contre la discrimination ethnique en est une. Une vraie. Quant aux actions de son association, elles rencontrent un écho grandissant.

En 2004, le film " Rêve d'un autre monde " de Jean Couderc, qui retrace l'histoire du Club, a été sélectionné au Festival International du film des Droits de l'Homme à Paris. Le budget a augmenté. Les soutiens ont afflué. Mais aux yeux de Vincent, il en est un, plus ancien, qui compte plus que tout autre. Celui de la Fondation Rigoberta Menchu Tum, conclu au Guatemala en 2003, après plusieurs rencontres avec sa responsable. Vincent n'a plus douze ans. Son ONG a grandi. Et son amie n'est plus imaginaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

Soutien technique: Agence Mangaia