Club Quetzal
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Evaluation à mis parcours des programmes Post Urgence 

Le 6 octobre 2005, la dépression tropicale Stan passait sur l'Amérique Centrale, et redonnait au Guatemala son allure d'après Mitch. Vies humaines, pertes matérielles : maisons, cultures, voies de communication : une fois de plus il fallait reconstruire, se reconstruire.

Le 9 mars 2006, notre association diffusait un communiqué de presse pour dénoncer l'immobilisme des pouvoirs publics dans certains départements sans intérêt économique ou touristique pour la tête de l'Etat.

Aujourd'hui, 1er juin 2006, certaines routes ont été reconstruites, certaines écoles ont retrouvé leurs murs, mais la tâche est encore grande.

" Le projet Canoa de Sal " Evaluation à mis parcours (décembre 2005 - juin 2006)

Grâce à l'argent récolté par les bénévoles au mois d'octobre, l'association a pu participer aux actions d'urgence sur le lac Atitlan aux côtés des membres de la Fondation Rigoberta Menchu, mais aussi ouvrir un nouveau projet dans le hameau de Canoa de Sal, dans le département de San Marcos.

La situation : Le hameau de Canoa de Sal est accroché à flan de colline dans le département de San Marcos au nord ouest du Guatemala, 6 mois après les coulées de boues et les glissements de terrain sont restés presque intacts, seules quelques petites parcelles sont de nouveau cultivées.

La situation nutritionnelle de cette zone était déjà fragile avant le passage de l'ouragan Stan, depuis elle est devenue très préoccupante.

C'est pourquoi il fût décidé de mettre en place un partenariat entre le Club Quetzal, la Fondation Rigoberta Menchu et la communauté afin de lutter contre ce fléau.

Les actions réalisées à ce jour :

1) la gestion générale du projet: Sur place la gestion du projet est assurée par : Gloria Aracely Almira: coordinatrice locale et formatrice communautaire, Leonel García Tomás: maître dans l'école de Canoa de Sal, Osbaldo Gálvez: coordinateur régional, et Wielman Cifuentes: responsable du département Education à la Fondation Rigoberta Menchu.

L'ensemble du personnel assume ses responsabilités, la communication régulière entre les membres de l'équipe permet un travail en concertation, et une réaction rapide encas de doutes ou de problèmes, seules quelques difficultés de logistique ont retardé les visites du coordinateur régional sur le terrain.

2) le contrôle nutritionnel 250 enfants sont concernés par le projet: 160 qui sont scolarisés et 90 âgés de moins de 7 ans, frères et sœurs des premiers, qui ne se rendent pas de manière régulière à l'école. 250 goûters nutritifs (composés de lait, de farines de mais, avoine, blé ou riz) sont distribués tous les jours à l'ensemble des enfants de la communauté.

Une fois par mois, chaque enfant reçoit un repas complet à base de viande, de légumes et de féculents, le plus souvent le repas est ramené à la maison et partagé, ainsi il bénéficie à l'ensemble des membres de la famille. Chacun est pesé et mesuré une fois par mois, leurs courbes de poids et de taille sont suivies par la coordinatrice locale du projet. On constate que, en comparaison avec les années antérieures, le taux d'abandon en milieu d'année scolaire est beaucoup moins élevé en 2006.

3) l'implication de la communauté: Dans son ensemble la communauté a accueilli favorablement le projet, les pères de famille fournissent le bois nécessaire à la cuisson et les mamans élaborent elles-mêmes l'ensemble des repas sous la supervision de la coordinatrice. Lors de la mission d'évaluation des besoins, le chef de la communauté nous avait assuré que ces femmes avaient reçu une formation spécifique pour l'élaboration de repas, cependant force est de constater que les principes d'hygiène élémentaire étaient loin d'être appliqués. La présence de Gloria pour les leur rappeler a été très utile. L'ensemble des parents sont plus présents au sein de l'école et participent de manière croissante aux activités que celle-ci leur propose.

Les problèmes qui persistent : Les conditions géographiques et sociales du hameau de Canoa de Sal restent critiquent, aucune infrastructure n'a été reconstruite, de plus la communauté n'est pas suffisamment organisée pour pouvoir faire face à de nouveaux dérèglements climatiques, même de moindre ampleur. Les conditions sanitaires et hygiéniques sont loin d'être satisfaisantes que ce soit à l'école ou dans les maisons, où très peu de familles possèdent des latrines. Les maladies gastro-intestinales se multiplient et la mortalité infantile et maternelle est beaucoup plus élevée que dans le reste du pays. La venue régulière d'un médecin reste indispensable pour la communauté, il est malheureusement problématique d'en trouver qui acceptent de se déplacer jusque là. Les membres de l'équipe rencontrent aussi des difficultés pour s'approvisionner en viande et produits frais car ceux vendus dans la zone sont excessivement chers et de mauvaise qualité. L'alcoolisme reste un problème persistant tant pour les hommes que pour les femmes qui de ce fait laissent leurs enfants livrés à eux-mêmes, menant à des situations de détresse dramatique. Les autorités locales, pourtant impliquées dans le projet à ses débuts, s'en sont petit à petit désintéressées. Aucune action que ce soit municipale ou nationale n'est envisagée pour remédier à ces problèmes. Canoa de Sal est un petit hameau de moins de 500 habitants, il en existe plus de 20 dans la même situation sur le seul territoire de la commune de Comitancillos, tous connaissent les mêmes carences, il est urgent d'agir pour mobiliser l'opinion publique et d'autres associations pour qu'elles agissent aussi dans cette zone qui semble oubliée de tous. Les enfants qui y vivent, sont tous aussi vulnérables qu'à Canoa de Sal. Enfin, les difficultés recensées ici débouchent sur une autre : celle de la pérennité de ce projet. En effet, il ne suffit pas de fournir une aide alimentaire, même si celle-ci est un préliminaire indispensable pour lutter contre la sous nutrition des enfants, il est urgent de mettre en place des campagnes de sensibilisation aux règles d'hygiène et de trouver un moyen de lutter contre l'alcoolisme chronique qui ravage ces communautés ou tout du moins éviter que les plus jeunes ne reproduisent les schémas de leurs aînés.